dimanche 22 février 2026

Participation au calendrier de l’après semaine 8 de l’année 2026

 


Le problème avec Gérard, ce n’est pas qu’il parle à ses plantes. C’est qu’il attend la réponse, stylo en main.

Hier, son ficus lui a conseillé d’acheter un trampoline. On ne discute pas avec un ficus déterminé

Après avoir pris son café avec 3 sucres, il a commandé le modèle “rebond introspectif”, livraison prioritaire. Tout a semblé couler de source.

À 47 ans, Gérard a donc commencé le trampoline en chaussons, par souci d’élégance et de gravité intérieure.

Il affirme que ça stimule la circulation des idées, surtout quand il y a des hauts et des bas.

Sa voisine l’a surpris en plein rebond philosophique. Il lui a lancé, contrit : « C’est le ficus qui insiste. »

samedi 21 février 2026

Participation au calendrier de l’après semaine 8 de l’année 2026

 


Catapulte

Dans la cour, Tom, six ans et demi, regarde Inès comme si elle venait de déclarer la guerre mondiale des billes. Ils tiennent tous les deux un vieux bâton de bois.

— C’est Ma baguette magique.
— Non ! C'est Ma mienne!

Ils se tournent autour avec la gravité de deux diplomates miniatures. Tom menace de transformer Inès en crapaud. Inès annonce qu’elle convoquera son dragon.

Ines, plus rapide et plus forte, tire sur le bâton d'un coup sec et remporte la mise.

— Mouhahahaha ! Je suis la reine des fées de la magie !

Tom s’éloigne en traînant ses baskets, vexé, et lance par-dessus son épaule :

— Espèce de catapulte!

vendredi 20 février 2026

After le retour du come-back

 


Bon ben … Je come back, après bien des années. Je reviens en mode gratis, je paye ailleurs un blog pour mes broderies, j'ai pas les sous pour faire plus. Je reviens en mode incognito. Je me sentirai plus libre de faire ici mon dévidoir à pensées, même à celles que j'assume pas.

j'ai cassé ma tête. Il y a quelques années, j'ai essayé d'aller au plus près dans mon fantasme, de ce qui ferait de moi une personne dans la norme. J'ai pris un boulot à responsabilité dans lequel je me suis investie à fond les ballons. J'ai vécu ce que des millions de personnes vivent au travail, un management toxique combiné à un sentiment d'imposture et à une dette de loyauté. Bim boum badaboum, vous laissez mijoter en remuant de temps en temps. Vous obtenez un burn-out.

Mon psy me dit que "Burn-out" ce n'est pas du lexique médical, qu'il faut dire "dépression sévère". Ok chef !

Bref, j'ai cassé ma tête. Plus rien ne marchait. J'avais l'impression l'installation générale avait sauté, c'était le black out total, et j'en avait rien à foutre. Parfois, j'avais comme des spasmes d'énergie ou j'entrevoyais la possibilité de me suicider. Mais c'était trop fugace pour passer à l'acte. 

 

Apres un an à faire des bulles avec ma bouche, les sensations ont commencé à revenir.  L'angoisse, surtout, la tristesse, la honte…

Un an après de l'année suivante, bref aujourd'hui, je vais mieux. Mon psy m'a trouvé un cocktail qui semble efficace. L'arrêt complet du travail, la boite à pilule bien fournie, une reconnaissance de la maison des Teuteus, et des petits sous pour acheter mes yaourts. 

Avec tout ça, je vais suffisamment mieux pour me rendre compte que j'ai changé, je fonctionne plus comme avant. Quand je me souviens de comment j'étais avant. Ma mémoire est un palais brumeux, moitié effacé.

Je vais mieux ne veut pas dire je vais bien. 

Participation au calendrier de l’après semaine 8 de l’année 2026

  Le problème avec Gérard, ce n’est pas qu’il parle à ses plantes. C’est qu’il attend la réponse, stylo en main. Hier, son ficus lui a conse...